Le jaguar

Les ancêtres du jaguar

Autrefois, le territoire de son ancêtre ou cousin, selon les théories, Panthera augusta s’étendait sur l’actuel continent des Etats-Unis.
Les scientifiques penchent pour une origine asiatique de l’espèce, qui serait arrivée dans le Nouveau Monde par le détroit de Béring, à la fin de l’ère tertiaire.
Elle aurait ensuite colonisé l’Amérique latine après l’émergence de l’isthme de Panama.

L’espèce géante Panthera augusta s’est éteinte environ 100 000 ans avant notre ère. Aujourd’hui, son descendant ou cousin le jaguar (Panthera onca) vit principalement dans les pays d’Amérique du Sud.

Il existe huit sous-espèces de jaguars, différenciées par leur taille et leur poids. Les plus petites, Panthera onca goldmani et Panthera onca centralis, peuplent l’Amérique Centrale.
Les plus grands jaguars, Panthera onca onca et Panthera onca palustris, vivent en Amazonie ou au Brésil.

Il existe également une sous-espèce, Panthera onca peruvianus, qui s’est acclimaté au rude climat des Andes et qui vit au Pérou jusqu’à 2 000 mètres d’altitude.

Le jaguar : un animal mythique

Les tribus indiennes du Rio Napo, dans l’Ouest de l’Amazonie, pensaient que le jaguar était la réincarnation d’un sorcier défunt.
Les Mayas adoraient le dieu jaguar, tout comme les Zapothèques.

Les Olmèques vénéraient un dieu, né des amours mythiques d’une femme et d’un jaguar. Aujourd’hui encore, les chamans des Indiens Guajiros disent se transformer en jaguar pour communiquer avec le monde de l’au-delà.

L’insaisissable jaguar

Le jaguar vit en solitaire dans la forêt tropicale. Etudier un jaguar dans son environnement naturel est très difficile car il se méfie de l’homme qui l’a chassé pendant longtemps. Il est donc très rare d’apercevoir un jaguar en liberté.

Les informations récoltées l’ont été indirectement, soit par radio-pistage ou à partir de traces et de carcasses.
Paradoxalement, ce sont les chasseurs qui en traquant l’animal ont contribué à mieux connaître sa manière de vivre.

Les études menées ont apporté quelques éclaircissements. On sait que le jaguar vit de jour comme de nuit, au gré de ses appétits. Son régime alimentaire est très éclectique : tatous, cerfs, tortues, poissons, bétail.

Contrairement à la panthère, on n’a jamais vu un jaguar attaquer l’homme.

Chasseur et pêcheur

Le jaguar est un chasseur opportuniste. Il chasse en solitaire dans les forêts denses, près des cours d’eau, dans lesquels il lui arrive assez souvent de pêcher.

Il ne grimpe dans les arbres que pour se reposer ou déguster une petite proie. Sa puissance lui permet de s’attaquer à des proies trois à quatre fois plus grosses que lui.
Par exemple, le jaguar dont le poids maximum est d’environ 113 kg peut abattre un taureau de 500 kg.

Mais, l’attaque du bétail est épisodique. Dans son biotope forestier, il traque des proies isolées. C’est pourquoi, il mange tout ce qu’il rencontre, y compris des escargots.

Les scientifiques ont observé que les jaguars qui chassent en plaine sont plus grands et plus sélectifs. En plaine, les mammifères se déplacent en troupeaux. La chasse est moins aléatoire.

Techniques de chasse

Pour chasser, le jaguar dispose d’armes performantes : forte mâchoire, grosses canines acérées, griffes effilées.
La morsure du jaguar est réputée pour être la plus destructrice et presque toujours fatale.

Sa patience est légendaire et il est rapide comme l’éclair. Quand il traque une proie, il peut ramper au sol comme un serpent. L’objectif est de se rapprocher le plus possible car il ne peut se livrer à de longues courses.

Une fois à bonne distance, il charge en quelques bonds. Le félin immobilise la proie entre ses pattes puis lui inflige la blessure mortelle.
Il insère la tête, le cou ou la gorge dans ses mâchoires et brise la colonne vertébrale. Avec ses longues canines, il lui arrive de trouer le crâne près des oreilles. C’est d’ailleurs le seul grand félin à tuer ses proies en leur perçant le crâne.

De par son poids, il est peu probable que le jaguar chasse dans les arbres. Cependant, en analysant les fèces, on a su qu’ils mangeaient des singes arboricoles. Par contre, on ne sait pas comment ils les capturent.
Bien que très agile, un jaguar ne peut rivaliser avec un singe-araignée dans les arbres.

Le jaguar adore se baigner. Il en profite pour pêcher. Il attrape, d’un coup de patte, les poissons qui s’approchent. Il peut également s’immerger à faible profondeur. Il sait très bien nager et peut traverser des fleuves de plusieurs centaines de mètres.

Le jaguar est le seul félin à se nourrir régulièrement de caïmans et de tortues. Ces proies lui valent souvent des fractures de canines. Il tue les caïmans d’un seul coup de dents à la nuque puis entaille les flancs.

La vie sociale du jaguar

Les jaguars, mâles et femelles, opèrent sur de vastes territoires et se rencontrent rarement. La surface des territoires varie entre 5 et 500 km², selon l’importance des proies.
Cette étendue leur permet d’opérer de fréquents changements de secteurs quand les proies se font plus rares.

Les territoires des femelles se recoupent. Ceux des mâles se recoupent rarement, par contre, ils se superposent à ceux des femelles.
Les rencontres sont très rares entre mâles comme si ils s’évitaient. Si c’est le cas, un simulacre de combat se déroule mais il est très rare qu’un jaguar en blesse un autre.

La reproduction du jaguar

Ce n’est que dans les réserves que l’on a pu en apprendre un peu plus sur les amours du jaguar.
Il n’a pas de saison particulière pour se reproduire. La gestation dure environ 3 mois. La femelle ne se reproduit que tous les 2 ou 3 ans. Le reste du temps, elle s’occupe de l’éducation de ses petits qui est assez longue, deux ans environ.

L’acte sexuel se déroule sur trois semaines. Le couple se livre à de véritables performances en totalisant jusqu’à 100 coïts par jour.

Si l'un des parents est mélanique, ce caractère se transmet de génération en génération.

Cette période terminée, le mâle retourne à sa vie solitaire.

La femelle installe sa tanière dans une grotte, le creux d’un arbre ou même un bâtiment abandonné.
Elle donne naissance à 2 ou 3 petits qui pèsent 800 grammes en moyenne et son aveugles. Elle doit, les premières semaines, les protéger des mâles qui n’hésitent pas à éventrer les jeunes, considérés comme de futurs concurrents.

Au bout de six semaines, les petits s’aventurent hors de la tanière. Ils vivent environ deux ans avec leur mère avant d’aller s’établir sur leur propre territoire.

En liberté, un jaguar vit environ 15 ans et jusqu’à 22 ans en captivité.

Le jaguar et l’homme

Hormis l’anaconda, le seul prédateur du jaguar est l’homme. Il existe en Amérique latine des lois visant à protéger le jaguar. Cependant, en parallèle, la loi autorise l’abattage de jaguars ayant attaqué un cheptel.
Cette législation équivoque n’assure donc pas une réelle protection.

Cependant, la plus grande menace est surtout la destruction de l’habitat. Il existe des réserves et des parcs nationaux.
En Amérique Centrale, 4,3% de la surface totale de la région ont été transformés en zone protégée.

Si sa survie reste précaire, grâce aux réserves, le jaguar devrait pouvoir continuer à roder silencieusement dans les dernières forêts primaires.

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