Mode de vie

Mode de vie

 

Comportement social

Une lionne à la recherche d'un gibier
Une lionne à la recherche d'un gibier

Contrairement aux autres fauves, plutôt solitaires, les lions vivent dans des troupes, qui sont des unités sociales permanentes, composées de femelles apparentées entre elles, de mâles non-apparentés aux femelles et de leur progéniture. La dimension du territoire et le nombre de proies déterminent la dimension du groupe qui varie de 3 à 30 individus. Il y a habituellement dans le groupe un à sept mâles adultes et de une à dix-huit femelles. Le territoire d'une troupe couvre 20 à 500 km². Dans le parc national du Serengeti en Tanzanie, la densité des lions peut atteindre un individu par km². Dans l'ancien cratère du Ngorongoro, le nombre maximum d'individus est de 1,6 à 2,4 au km². Les frontières de leur territoire sont délimitées par leurs crottes et leur urine, qui sont une « revendication » des propriétaires et indiquent qu'il y a défense de pénétrer dans la zone. Ils grattent également la terre avec leurs pattes avant et arrière, déposant sur la terre une substance sécrétée par des glandes situées dans leurs coussinets[16].

Les jeunes mâles restent environ deux à trois ans dans le groupe, jusqu'à ce qu'ils aient atteint leur maturité sexuelle. Ils sont ensuite chassés. Les femelles par contre passent généralement toute leur vie dans le groupe de naissance et s'y reproduisent. Ceci permet d'éviter la consanguinité.

Quand les jeunes mâles ont été chassés du groupe par leurs pères, ils deviennent nomades et forment ensemble une « coalition », parfois rejoints par d'autres jeunes mâles. Le lien entre les mâles est très fort. Les deux mâles parcourent ensemble des distances très importantes, ne respectent pas les frontières des territoires, mais ne fondent pas leur propre territoire. Puisque les mâles ont très peu de succès à la chasse, comparativement aux femelles, les jeunes nomades se nourrissent surtout de charognes.

De telles coalitions de jeunes mâles vont essayer de prendre la tête d'une troupe en évinçant les mâles résidents de la troupe. Toutefois, cela n'est pas toujours une réussite. De telles luttes sont généralement sanglantes, et il n'est pas rare qu'elles s'achèvent mortellement. Si les vieux mâles du groupe perdent la lutte, ils sont chassés et conduisent alors une vie en tant que solitaires. Souvent, ils meurent des conséquences de leurs blessures. Si les nouveaux venus gagnent, ils en viennent fréquemment à l'infanticide, c'est-à-dire qu'ils tuent les petits de leurs prédécesseurs. Ce comportement permet que les femelles retrouvent après un temps court un œstrus car les femelles allaitantes n'en ont pas. Les mâles peuvent ainsi s'accoupler plus tôt et assurer leur propre descendance. Ce comportement est adaptatif : en effet, la compétition est rude entre les coalitions de mâles et de jeunes mâles viendront bientôt essayer de les détrôner pour prendre à leur tour la tête du groupe. Les mâles n'ont donc pas de temps à perdre et ils doivent tenir à la tête du groupe jusqu'à ce que les lionceaux soient assez grands pour être épargnés. Les mâles restent rarement plus de trois ou quatre ans à la tête du groupe, et n'ont donc pas le temps d'attendre que les portées des prédécesseurs soient devenues adultes pour se reproduire. Il arrive fréquemment que les femelles attaquent le mâle assassin[17].

En général, les lions ne pratiquent pas de toilettes mutuelles complètes, seul le dos du nez est nettoyé ; mais lors de salissures grossières, comme par exemple par le sang des proies, il peut arriver qu'un membre effectue des soins de fourrure.

Communication

Deux jeunes lions grognant
Deux jeunes lions grognant

Les lions communiquent entre eux par de nombreux moyens. Ce sont des animaux sociaux, nous l'avons vu, et de ce fait la communication est plus importante pour eux que pour les autres félins et est ainsi plus développée. Leur communication vocale se compose de grognements, grondements, sifflements, gémissements, miaulements, et du célèbre rugissement. Leur os hyoïde n'est que partiellement ossifié, c'est cette disposition qui leur permet de rugir, mais de ce fait, ils ne sont pas en mesure de ronronner à proprement parler ; mais ils le font, comme d'autres fauves, par expiration. On l'entend quand deux lions agissent l'un sur l'autre sur une base amicale. Le ronron ne retentit pas comme celui d'un petit chat, mais plutôt comme un grognement ou un ronflement grave. Le rugissement a diverses significations, selon la situation dans laquelle il est employé. Rugir est employé pour délimiter le territoire, appeler les autres membres du groupe, intimider les rivaux et renforcer le lien « familial » entre les membres du groupe. Les rugissements du mâle sont plus forts et plus profonds que ceux de la femelle. Par une puissante expiration, les lions rugissent, rentrant leurs flancs et gonflant la poitrine, souvent dans un bas grondement commençant par quelques bas grognements et gémissements, qui indiquent à d'autres lions qu'un groupe vit dans le secteur, et de rester en dehors du territoire. Par une nuit claire, il peut être entendu jusqu'à huit kilomètres de distance. Un fort rugissement furtif est souvent entendu lors d'un combat entre deux individus. Les femelles emploient un bas grognement pour appeler leurs petits.

Le langage corporel est d'égale importance. Tous les lions nous semblent plus ou moins identiques et il est bien souvent difficile de différencier deux lions et plus particulièrement deux lionnes. Les lions ont le même problème que nous. De ce fait, il est important que les lions aient un air de confiance en saluant d'autres membres du groupe. Si un membre montre la moindre appréhension en saluant un autre lion, alors ce dernier peut se sentir menacé, penser que ce lion est un étranger et l'attaquer. Les lions ont un cérémonial complexe de salutation dans lequel ils se gémissent doucement l'un à l'autre, balancent leurs têtes d'un côté à l'autre et ont leur queue levée vers le haut et même souvent posée sur le dos de l'autre lion. Comme certains autres chats, les lions se cognent la tête en se saluant. Le lèchement de la tête, des épaules et du cou est également un signe d'affection. Les lions, tout comme d'autres chats sauvages, ont les oreilles noires avec de grands cercles blancs sur leur dos. Ces grands cercles blancs permettent d'indiquer l'humeur : quand ils sont fâchés, les lions et d'autres carnivores étendent leurs oreilles à plat contre leur tête. Il est difficile de dire si un félin est fâché à distance, mais si vous voyez les cercles blancs clignotant, vous pouvez savoir à distance que ce dernier est furieux et qu'il vaut mieux ne pas s'en approcher. Cela permet d'éviter beaucoup de combats[5].

Reproduction

Un accouplement
Un accouplement

Les lions atteignent leur maturité sexuelle sociale à l'âge de deux ou trois ans, leur maturité physiologique à 18 mois. Il n'y a pas de saison de reproduction définie. Les femelles sont fécondes tous les deux ou trois mois en moyenne, et les phéromones qu'elles dégagent ne durent que deux ou trois jours. Pour vérifier la fécondité d'une femelle, le mâle utilise l'organe de Jacobson, se situant sur le palais, sous la surface intérieure du nez. Pour ce faire, le lion relève la lèvre supérieure et ouvre la gueule. Ce processus est qualifié de flehmen.

Même si un mâle arrive au sommet de la hiérarchie, il ne peut se reproduire avec une femelle qu'avec son consentement. Pour cela la lionne se met à plat ventre et relève la croupe ; cette position, appelée lordose, permet au mâle une meilleure pénétration. Pendant l'accouplement, le lion garde la nuque de la femelle dans sa gueule et la mord au cou. Cela la garde instinctivement calme ; en effet comme pour les autres félins, les copulations sont douloureuses pour la femelle car le pénis du mâle est garni de protubérances épineuses et lorsqu'il se retire, elle proteste en rugissant. Étonnamment, cette souffrance est nécessaire, car elle déclenche la ponte des ovules qui seront fécondés par les spermatozoïdes[5],[18]. Si une lionne accepte de se reproduire, ils s'accoupleront toutes les 15 minutes et ce, en moyenne 40 fois le jour (mais cela peut aller jusqu'à plus de 100 fois), auquel cas chaque rapport dure environ 30 secondes, jusqu'à ce que l'œstrus de la femelle soit terminé, environ cinq jours plus tard.

Jeunes lionceaux
Jeunes lionceaux

Après une gestation d'environ quatre mois, la lionne, cachée loin du groupe, met au monde un à quatre petits lionceaux aveugles d'environ 1,5 kg et de 50 cm de haut. Durant six à huit semaines, ils ne seront qu'allaités par la mère dans la cache par ses quatre glandes mammaires. Si cette dernière est assez éloignée du groupe, la mère ira seule à la chasse. Il peut arriver que les petits restent jusqu'à 48 heures seuls dans la cache. Cela est très dangereux, particulièrement à cause des hyènes et de bien d'autres prédateurs. Après maximum huit semaines, la lionne amène ses petits dans le groupe et ils se mêlent à d'autres lionceaux. Il y a rarement de problèmes d'acceptation.

À partir de ce moment, les jeunes lions tètent non seulement leur mère, mais également les autres lionnes, de sorte que l'éducation incombe à toutes les femelles du groupe. Vers l'âge de six mois, les lionceaux sont sevrés, ils restent encore environ deux ans auprès de leur mère.

La durée de vie d'un lion s'élève de quatorze à vingt ans. Toutefois seules les femelles atteignent un tel âge. Les mâles sont généralement tués par un plus jeune concurrent ou, après une longue errance, ne trouvent plus de groupe et meurent de faim. Ils atteignent donc la plupart du temps sept à douze ans. Quelques lions ont toutefois vécu en parc zoologique jusqu'à l'âge de 34 ans.

Certains observateurs ont rapporté que deux mâles ou femelles pouvaient également interagir entre eux et montrer des signes d'homosexualité. Dans la nature, environ 8 % des rapports sexuels se font entre mâles, tandis que les activités entre femelles ne sont observables qu'en captivité[19],[20].

Alimentation

Article détaillé : Superprédateur.
Bataille pour la proie
Bataille pour la proie

Le lion est réputé être le « roi des paresseux », mais c'est une idée reçue provenant du fait qu'il ne chasse que tous les trois à quatre jours, généralement dans l'obscurité ou aux heures fraîches du matin (avantage important procuré par l'obscurité et des températures plus clémentes). De plus, la sieste diurne, au moment où il fait le plus chaud (environ vingt heures par jour), permet de faciliter la digestion des grandes quantités de viande ingurgitées. Il consomme en moyenne environ 7 kg de viande par jour. Toutefois, si la chasse a été bonne et s'il a « manqué » quelques repas, il peut avaler jusqu'à 30 kg de viande en une seule fois. Les lions ne chassent que lorsque leur réserve de nourriture est épuisée. Parmi les proies, principalement des ongulés : antilopes, gazelles, gnous, buffles, phacochères et zèbres, mais aussi lapins, oiseaux et quelque fois poissons. Dans certaines régions, des lions se spécialisent même pour un type de proie précis. Ainsi des groupes importants de lions, d'environ 30 individus, attaquent régulièrement des éléphants adultes. À Savuti et à Linyanti, ils arrivent même qu'ils s'attaquent à des hippopotames.

Vers l'âge de deux ans, les lionceaux apprennent l'« art de la chasse », pour partir à trois ans avec leur mère chasser une première fois.

Comme les lions ne sont pas des coureurs endurants, leur vitesse de pointe d'environ 60 km/h ne peut être maintenue que peu de temps. Ils doivent cependant en temps normal se jeter à quelques mètres sur la proie.

Éléphant et lions à Savuti
Éléphant et lions à Savuti

Les lionnes encerclent la proie (voire le troupeau) et rampent à plat ventre souvent sur plusieurs centaines de mètres jusqu'à leur proie, auquel cas l'environnement est utilisé le plus intelligemment possible pour se camoufler. Plus elles s'approchent de la proie, plus elles ont été vigilantes quant au camouflage. Lorsqu'une distance d'environ 30 mètres est atteinte, alors la proie est chargée successivement. Chaque bond fait environ 6 mètres de long et peut atteindre le double en longueur et quatre mètres en hauteur[21]. La proie est alors tuée par une forte morsure à la nuque ou au cou de façon à atteindre la veine jugulaire ou la carotide.

Comme les lionnes chassent dans des espaces ouverts, la chasse commune augmente la chance de frapper avec succès une proie. Elles se renvoient aussi la proie entre elles. En outre, la proie dans le groupe peut être défendue plus facilement contre des voleurs comme les lycaons et les hyènes. Seules 20% des tentatives de chasse sont couronnées par un succès. Il est à noter que les lionnes sont les seuls félins qui chassent en groupe.

Lion dévorant son déjeuner
Lion dévorant son déjeuner

Les mâles du groupe ne participent qu'exceptionnellement à la chasse, par exemple si des proies très grandes sont attaquées comme des buffles ou des éléphants ; leur principal rôle est de protéger la troupe des autres lions. Après un succès, la hiérarchie du groupe entre en application : le mâle peut manger en premier (c'est la fameuse « part du lion »), suivent ensuite les femelles haut-placées, enfin les petits. Il y a rarement, auprès du cadavre, des luttes de rang où les membres du groupe s'infligent d'importantes blessures.

Souvent, les lions sont amenés à manger des charognes. Les lions mâles qui ont été chassés d'un clan sont contraints de se nourrir exclusivement de ce type d'alimentation. Cela les amène à chasser de leur butin d'autres animaux charognards comme les léopards ou les guépards. Souvent, le lion doit aussi chasser les hyènes tachetées de leur proie, et non l'inverse, comme on le croyait autrefois. Cela va même si loin dans quelques secteurs de l'Afrique orientale que les hyènes se font voler 70% de leur butin de chasse par les

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